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Extrait ...... J'arrivai au niveau de
Marcelli qui me tournait le dos. Sa femme, à ses côtés, lui toucha le bras pour
lui signaler ma venue. Trônant à proximité d'eux, la fameuse pièce montée,
gigantes-que comme la soirée, rencontrait déjà de nombreux gourmands. - Ah,
Thomas ! Vous voilà enfin ! Pas trop accaparé par les autographes ?
m'interrogea-t-il, ironique et d'une forte voix. Si je me doutais que vous
seriez autant sollicité, je me serais abstenu de faire ce discours.
(Manifestement ivre, il m'agrippa avec force à l'épaule). Je crois que vous
connaissez déjà ma femme ? (Elle m'adressa un grand sourire.) Mais je ne vous ai
pas présenté ma petite princesse… Maria ! hurla-t-il. Où est-elle fourrée,
celle-là ? De toute évidence, il ne nous avait pas vus danser. Mon ventre se
noua et mon cœur repartit de plus belle au quart de tour. - Ici, Papa ! (Une
des serveuses qui passait avec un plateau masquait son corps enfantin ) Ne crie
pas ! - Ah ! Ma chérie ! Je te présente Thomas… - Oui ? Celui qui a
retardé mon héritage, plaisanta-t-elle, lui coupant la parole. - Quel humour
déplacé ! se plaignit la mariée. - Enchantée, intervint-t-elle, dans un
nouveau rôle de com-position, feignant de me voir pour la première fois. -
Moi de même, Mademoiselle. - Mais, où sont tes chaussures, Maria ? questionna
son père qui avait réalisé qu'elle n'en portait pas. - Tu connais ta fille,
elle aime se distinguer, mon chéri, argua Sandra Marcelli. - Ah ! La jeunesse
! avança alors Tino à qui je servais de plus en plus d'accoudoir. - Je te
rappelle que j'ai vingt-huit ans, Papa, et que Sandra n'a que quatre ans de plus
que moi. Facile à retenir, vous n'avez que vingt ans d'écart. La tension
entre les deux femmes apparaissait palpable, ce qui ne semblait pas perturber
Marcelli. J'essayai de ne pas dévorer Maria des yeux. Mon corps, sous l'effet
des mélanges bouillon-nait. Je m'allumai une cigarette. Mes mains étaient
moites. Je ne tenais plus en place. - Et vous habitez la région, Thomas ? Que
faites-vous dans la vie ? me quémanda Madame Marcelli. Je n'osai avouer
devant Maria et le couple Marcelli mon modeste métier de mécanicien. Je
craignais de la décevoir. Je devais me trouver une situation digne de leur rang,
mais crédible si l'on me questionnait dessus. Je décidai de continuer à jouer la
comé-die, en m'inventant une profession adaptée aux circonstances. - Oui, je
suis né à Nice et j'y ai grandi. D'où le fait que j'y revienne assez souvent en
vacances et certains week-ends. Ce-pendant, je vis en Espagne à présent. Sur la
Costa Brava, à Cada-qués. Je dirige une concession de voitures de luxe à Gérone.
Je vends des Porsche, pour être plus précis. - Et bien, une fois encore, vous
tombez à pic, Thomas ! Je désirais offrir une voiture à ma femme. Une très belle
voiture, (il lui caressa la joue). Ce sera son cadeau de mariage. - Ah oui ?
Et quel genre de modèles aimez-vous, Madame Marcelli ? - Les sportives.
J'adore la vitesse ! Maria semblait consternée par la réponse de sa
belle-mère. - Vous entendez, Thomas ? Mon épouse en souhaite une qui en a
sous le capot ! En revanche, je compte sur vous pour m'obtenir un bon prix, et
surtout j'exige qu'elle en jette. Si je la conduis, je n'aimerais pas passer
pour un plouc. Vous m'arrangez ça ? Ce qui ne devait être au départ qu'un
jeu tournait à présent au vinaigre. Je ne maîtrisais plus la discussion dans
laquelle je me piégeais et m'engluais. - Euh… Oui… Je n'eus pas le temps
de finir ma phrase que des fusées s'élancèrent dans le ciel, ouvrant le bal du
feu d'artifice qui capta l'attention de tous. Cela me permit de me soulager du
poids de Marcelli qui commençait à s'avachir sur moi de plus en plus. Il se
redressa et se mit à applaudir. J'en profitai pour me retourner avec
discrétion et renifler un grand coup. Il fallait vite que je boive, ma bouche
devenait de plus en plus pâteuse, et je mourrais de soif. Je me servis de ce
prétexte pour me rapprocher de Maria et lui adresser une nouvelle fois la
parole. - Vous buvez quelque chose, Maria ? Je vais me chercher une
coupe. - Vous tenez à me saouler ? - Oui, pour abuser de vous. Maintenant
que je sais où cacher le corps… lançai-je à voix basse. Je réussis à
lui redonner le sourire et me dirigeai vers le pre-mier serveur dans ma ligne de
mire. - Attendez ! Je me joins à vous, proposa-t-elle, sous le regard
inquisiteur de Sandra Marcelli. - Amusant votre nouveau petit numéro du :
"Enchantée de faire votre connaissance", à moins que vous ne souffriez de la
maladie d'Alzheimer ? - Mon père est éméché. Il s'excitait, et s'agitait dans
tous les sens pour nous présenter. Je ne comptais pas lui gâcher son plaisir. Et
bravo, vous ne perdez pas le Nord, vous avez réussi à lui vendre une de vos
Porsche. Je ne relevai pas sa phrase. Nous nous arrêtâmes à un buffet pour
admirer le feu d'artifice. La foule s'extasiait devant la beauté du spectacle et
moi devant celle de Maria.
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