LES SOLDATS DE CAELUM
La découverte d'une destinée
 
© Carmen Lopez
 
Extrait
 
 
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Le repas se déroula le plus délicieusement du monde. Massimo était un homme charmant. Mais, ça, je m'en dou-tais déjà !
Quant à Angelo... Je découvris d'autres facettes de lui, ce soir-là. Spirituel, il savait, quand il voulait bien s'en donner la peine, se montrer délicat et subtil. Á mille lieues du rustre que j'avais côtoyé quelques heures plus tôt. Où était passé cet être arrogant et taquin qui avait pris tant de plaisir à m'ir-riter tout au long de la journée ? Je le voyais converser avec ma grand-tante, me jetant de temps à autre un de ses sourires dont lui seul détenait le secret, et qui aurait désarmé la plus coriace d'entre nous, et je n'en revenais toujours pas.
Au moment du dessert, alors que Massimo me parlait vi-gnobles, raisins et vendanges - je décidai, pour le restant de la soirée, de ne plus analyser les moindres faits et gestes d'Angelo et de profiter du reste des convives - Giorgiana fit tinter son verre avec la pointe de son couteau.
Une fois l'attention de l'assemblée sur elle, elle prit la parole.
- C'est le moment, mes amis ! s'adressa-t-elle aux trois invités. Victoire doit enfin connaître sa destinée. Angelo ! Sois mignon, tu veux, va le chercher !
Il se leva aussitôt et, sans dire un mot, disparut de la pièce.
Je regardai tour à tour ma tante, Massimo et Elena, les yeux écarquillés, les interrogeant du regard. Eux me scru-taient avec gravité : a priori, ils ne plaisantaient pas.
J'avais l'impression d'avoir été propulsée dans la qua-trième dimension.
- De quoi tu parles ? demandai-je à Giorgiana, abasour-die. C'est quoi cette histoire de destinée ? Une blague ?
Ils ne bronchèrent pas d'un iota, et ce, malgré mes nom-breuses supplications.
Je commençai sérieusement à m'interroger sur leur santé mentale et sur la mienne, par la même occasion, quand Mas-simo daigna enfin prendre la parole. Encore une fois, le son de sa voix m'apaisa...
- Nous ne sommes pas devenus fous, Victoire. Sois pa-tiente ! Nous te révélerons ce que tu as besoin de savoir. Promis ! Attendons qu'Angelo revienne ! Ça le concerne, lui aussi. Et nous t'expliquerons au mieux la situation. Ça te va ?
J'acquiesçai, docile. Inutile de gaspiller ma salive et mon énergie. Je n'avais qu'à attendre bien sagement la suite des événements, qui n'allaient sûrement pas tarder à arriver. D'ailleurs, pour tout avouer, j'étais maintenant impatiente de le connaître, le fin mot de l'histoire.
Cependant, le regard empreint de gravité que tous re-commencèrent à me lancer me refroidit. Et mon impatience céda aussitôt la place à une grande inquiétude : je supposai alors le pire.
C'est à ce moment-là, dans les tréfonds de mon âme, que j'eus la nette sensation que cette révélation future allait bou-leverser ma vie à jamais.
Lorsqu'Angelo réapparut, tenant dans ses mains un petit coffre serti de pierres précieuses, il semblait très abattu. Un pâle sourire aux lèvres, il s'approcha de moi avec lenteur et, me dévisageant intensément, me tendit le coffret.
- Ouvre-le ! m'ordonna Giorgiana, me faisant sursauter. (Je m'étais un peu égarée dans le bleu de ses yeux).
- Désormais, cet objet t'appartient.
Je les regardai tour à tour interloquée et m'exécutai fébri-lement, tel un automate, n'osant pas refuser. Leurs yeux, ri-vés sur la boîte en question, ne me laissaient aucun autre choix possible de toute façon.
Je l'ouvris donc, curieuse (même si je ne voulais pas l'admettre), de découvrir ce qui se cachait de si important à l'intérieur pour mériter un tel cérémonial.